lundi 20 avril 2009
Un Long (mais alors très long) Dimanche
Le Queen. Boite de nuit. 2h43.
Je viens de me prendre la fumée de ma cigarette en l’allumant et la douleur me fait un mal de chien… Pourtant je m’en tamponne comme de mon premier sachet d’images Panini.
Je pense que l’extasie et les trois Vodkas-pomme que j’ai ingurgités font effet. Même la musique techno que je ne supporte pas en temps normal bat à présent au doux rythme de mon cœur. Romantique.
Une heure plus tôt, les gens m’énervaient beaucoup tout plein, alors que là tout de suite maintenant, j’ai envie de prendre tout le monde dans mes bras, de les serrer très fort et de dire à quel point j’aime la terre entière !
Mon corps qui d’habitude se sent obliger de ne pas être en phase avec le tempo, se marie harmonieusement au « mélodique » DOUM ! DOUM électronique. Les basses pulsent, faisant presque trembler le sol, je ressens la grandeur de la musique, je vibre.
Mon ami Julien à eu raison de me forcer à venir. Il est 2h43, le Dimanche 26 Octobre je m’appelle Vincent et aujourd’hui j’ai trente ans.
J’ondule mon corps à travers la foule, les yeux mi-clos, le sourire aux lèvres. J’ai la douce sensation de faire parti d’un tout. L’état déplorable des toilettes (pissotière bouchées, sol maculé d’urine) ne parvient pas à me sortir de ma délicate torpeur. Je vis un rêve éveillé, tout le négatif, le moche, le vilain, le pas beau, le caca ont été rayés de mon plan astral ! Je touche du doigt un monde merveilleux, ma perception sensorielle est accrue. Une fois ma vessie vidée, enjambant une grosse flaque de vomit verdâtre, je m’apprête à rejoindre mes amis quand je la voie. Une apparition auréolée de lumière. Elle se tient devant moi : divine créature enchanteresse, moulée dans sa robe rouge sang. Une taille parfaite, des jambes parfaites, des seins parfaits. Parfait.
La scène se déroule comme au ralentit, la déesse se déhanche sur la musique, ses longs cheveux bruns et frisés flottent tout autour d’elle tel une aura protectrice, et je la fixe pendant de longues secondes… Ou de longues minutes…. Ou de longues heures…. En fait je n’en sais rien, je me sens tellement bien que je n’ai même pas envie d’y penser. Mon corps ne répond plus, il est comme télécommandé, tout ce qui doit arriver arrivera, un pour tous, et tous pour moi. Je m’approche d’elle, synchrone avec la musique, et je lui décoche mon arme fatalement ultime : mon plus joli sourire. Ca n’a jamais marché jusqu’à présent, mais là tout de suite, je ne sais pas, je sens qu’il va se produire un miracle. Elle me regarde, me rend mon sourire, et je suis comme hypnotisé, un cobra qui à trouvé son fakir, un lion fougueux et majestueux (oui c’est moi) qui à trouvé son dompteur au fouet efficace… La scène bascule du « ralentit » au « flashback » version vielles sitcoms américaines : l’image se fait moins net, tous les bords se floutent, et une nouvelle fois je perds la notion du temps, tout en me perdant dans son vertigineux décolleté. Je n’ai pourtant pas le vertige, au contraire, je plane à 10 000 pieds. Mes lèvres se rapprochent, le moment est parfait, je l’embrasse et constate qu’elle à un gout de fraise tagada.
Elle murmure à mon oreille : « Je m’appelle Manuela et j’ai envie de toi. »
En plus ça rime.
Tant pis pour Julien qui doit être en train de faire je ne sais quoi avec je ne sais qui, c’est mon anniversaire après tout, le ciel m’offre un de ses plus jolis fruits (j’en deviens croyant !), il comprendra…. Ou pas. Je m’en moque !
Dehors, l’air est frais et un peu moite. Une averse s’annonce. Les giboulées de Mars en Octobre. Ou simplement un automne lambda à Paname.
Elle me parle de sa voix un peu cassée et forcément sexy : « Allons chez moi, c’est pas loin tu verras » (encore une rime je songe en mon fort intérieur.)
Je la suis donc dans la grisaille parisienne qui cette nuit me semble pourtant particulièrement colorée. La beauté est partout, dans les poubelles renversées sur les trottoirs, sur les couvertures trouées des clochards dormant dans la rue, dans les cris des mecs saouls sortant de boites ou de bars, dans la condensation qui s’échappe du coin de sa bouche sublime alors qu’elle m’entraine par la main.
Je ne fais attention ni à sa rue, ni à son immeuble, ni à sa cage d’escalier, je flotte léger, presque omniscient. Je me sens comme investit d’un message à faire passer au monde… Mais je n’ai pas l’occasion de le verbaliser car arrivé dans son studio les choses s’accélèrent.
Elle m’embrasse fougueusement, sa langue semble se faire un devoir d’explorer chaque centimètre carré de mes gencives (je remercie ma mère de m’avoir forcé à me brosser les dents tous les soirs quand j’étais petiot). Mes mains caressent ses seins somptueux à travers le tissu de sa robe, alors qu’elle presse mon postérieur pour m’attirer encore plus contre elle. C’est du grand art ! Les films érotiques du câble font pales figures à côté de nous, ce qui laisse présagé le meilleur pour la suite. Peut être même une scène digne du premier samedi du mois dur canal. (C’est la semaine prochaine, faut pas que j’oublis !)
Nos bouches toujours liées, elle se met à déboutonné ma chemise avec peine, dans un élan de passion j’ouvre ma chemise avec élan, à la manière d’un Superman, sans muscles, sans pouvoirs, mais avec une Loïs Lane à faire pâlir de jalousie Terry Hatcher. Soudain, elle descend sans crier gare, couvrant mon torse de petits baisers. Le résultat est sans appel, de petites décharges m’électrisent le corps, je sens en moi un monstre ne demandant qu’à être libéré ! Elle exauce mon vœu en ouvrant doucement ma braguette, je ferme les yeux, et me retrouve au nirvana. (Le lieu, pas le groupe de Rock !) Je me laisse un peu faire constatant sa grande dextérité, puis au bout d’un moment, je la relève et fais délicatement glissé les pans de sa robe dévoilant les huitièmes et la neuvièmes merveilles du monde.
Je me souhaite un bon anniversaire mental et plonge la tête la première dans ces deux monts à la hauteur de mes fantasmes les plus salaces. Je passe délicatement ma langue sur ses alvéoles, je lui prends un téton entre mes dents, elle pousse un petit gémissement et renverse sa tête en arrière. Ma tête est légère, le sang bat dans mes tempes au rythme régulier d’une musique imaginaire. Je glisse un peu plus bas la robe sur un ventre plat, sur un joli petit nombril percé par un anneau doré. Et sur….. QUOI ?
Je bascule en arrière, et tombe sur le cul ! La nausée me vient en tâtant quelque chose de dur à l’endroit ou ma prof de biologie (la vieille bique !) m’a bien appris qu’il ne devait rien y avoir… Chez une fille. Je me relève en rougissant. Le silence flotte dans l’air pendant un dixième de seconde. Puis je me précipite en me rhabillant dehors ! Je descends les escaliers quatre à quatre et m’éclate par terre à mi palier. Je me relève, une douleur lancinante dans l’épaule, remonte mon pantalon qui était resté sur mes chevilles et me rue tout en bas pour quitter cette cage d’escalier, cet immeuble, cette rue, ce quartier.
La réalité à rattrapé le rêve, et je me la suis pris en pleine gueule comme un platane à 130 sur une nationale de campagne : Manuela doit s’appeler en réalité Manuel tout court. Enfin pas si court que ça. Je frissonne. Cassons nous.
L’air me fouette le visage, le froid me mord le torse que je ne peux plus couvrir convenablement pour cause de boutons arrachés. Super ! En plus d’un nouveau plan pourave, je vais me choper une pneumonie carabinée. Je suis perdu dans le fin fond du dix-huitième arrondissement, et comme tout bon Samedi soir (ou Dimanche matin très tôt !) qui se respecte dans la capital, je cherche en vain un taxi. Je déambule grelotant, au hasard des rues, croisant la population nocturne de prostituées, camés, jeune et moins jeune saoulards… Je compte les taxis occupés qui me passent à côtés comme pour me narguer. C’est bien entendu ce moment là que choisis le ciel pour me déverser des trombes d’eau glaciale sur la tête. J’accélère un peu le pas et constate que je suis arrivé en bas de Montmartre. Un bon point : je sais à présent comment rentrer chez moi à pieds… J’en ai juste pour deux heures. Fuck !
Résumons : je suis fatigué, encore un peu saoul (cause Vodka pomme), et j’amorce une violente « descente » à faire bad triper ma grand-mère de quatre vingt onze ans dans space mountain (cause extasie). Mon esprit qui me surprendra toujours fait un trip Lutz piqué pointe, et je me retrouve à me demander pourquoi je galère en pleine nuit sous la pluie, et sans voiture. Le flash de l’éclair qui déchire le ciel m’imprime un gros TILT en lettres rouges clignotantes qui s’impriment sur ma rétine. Le tonnerre qui gronde 6 secondes après me fait apparaître la réponse : ces gros cons d’examinateurs n’ont jamais voulu me donner le permis de conduire. Alors que je continue ma marche forcée, je revis sans aucune once de mélancolie les heures douloureuses de mon apprentissage de l’art chimérique de la conduite.
Je me revoie dans la petite salle du fond, confiné dans un coin, en train de m’appliquer à ne rien comprendre au code de la route. J’essaie de trouver une logique là ou il n’y en a vraisemblablement pas, ce qui est d’autant plus frustrant que la horde de racaïe analphabêêête (à manger du foin) s’en sort foutrement mieux que moi. Une fois mon code obtenu….Du second coup (et BLAM, repayé 100€) ; je repense aux joies de l’instruction au sein de la maudite 306 verte pomme, aux côtés d’un gros instructeur bedonnant à la « douce » odeur de poney. Pensant être prêt, je me remémore les dures leçons apprises à coup de larmes (je déconne) et à coup de chéquier (je déconne pas !). Le jour de l’examen, je sais fort de mon expérience que:
-On ne cale pas plus de six fois sur cinquante mètres. (J’étais nerveux ce jour là.)
-On ne prend de sens interdit sous aucun prétexte. (J’ai confondu ma gauche et ma droite.)
-On ne grille pas de feu rouge en doublant un bus. (J’y peux rien monsieur le juge si le bus sus mentionné bloquait ma visibilité, et que ce gros connard d’inspecteur m’avait dit de le doubler.)
-On ne rétrograde pas de cinquième en seconde sur une voie de décélération d’autoroute ( Que celui qui n’a jamais tremblé me jette la première pierre !)
-On n’accélère pas pied au plancher pour passer juste avant un piéton engagé (même si c’est une petite vieille à lunettes qui de toute façon n’en a plus pour très longtemps.)
Ce sont des fautes qui disqualifient directement. C’est après avoir appris que mon nombre de passages était arrivé à son terme et que je devais repasser le code que j’ai sagement décidé de laisser tomber tous ces trucs là.
Je retrouve la réalité humide et froide pour m’apercevoir que je suis devant chez moi rue des Boulets (Pas de commentaires !).
Epuisé de fatigue,( et de produits illicites), je m’effondre trempé sur mon canapé et mets tant bien que mal le réveil en frémissant à l’idée de me taper la banlieue demain pour fêter mon anniversaire en famille… Je me retourne, cherche une position confortable et….
Le réveil matin sonne (hurle !) dans mes oreilles ! Déjà ?!? J’ai eu l’impression de dormir cinq minutes.
Si j’étais Harry Potter, la douleur de ma cicatrice en forme d’éclair me vrillerait le cerveau. Dure réalité : pas de baguette, pas de lunettes, pas de magie, juste une grosse gueule de bois et des flashs me rappelant par intermittences les épisodes de la nuit.
Je me lève tant bien que mal, m’explose le pied sur la table basse, renverse le mug contenant du café vieux de trois jours, jure et me dirige dans la salle de bain. Il est 11h30.
Je me regarde dans la glace et constate qu’aujourd’hui j’ai trente ans…. Mais en parais quarante. Mon teint blafard semble vouloir s’unir aux murs blancs-gris. Les yeux injectés de sang passent encore, mais les grosses traces de rouge à lèvres carmin qui maculent mon visage me donnent le sentiment d’être en maternelle le jour de la kermesse, et d’avoir été maquillé en indien par un daltonien tétraplégique.
J’ouvre le robinet pour m’asperger le visage de flotte quand le téléphone me rappelle à l’ordre de sa sonnerie stridente. La voix d’Alexandre, mon petit frère, raisonne dans tous mes synapses provoquant des petits éclairs de douleurs :
-Ben alors, où es-tu ? Me dit-il de son air supérieur.
-Chez moi.
-Es-tu au courant que tes géniteurs et moi-même t’attendons à midi ?
-Quoi ?!? M’enfin, on avait dit treize heure trente, voir quatorze heure !
-Pas du tout. Ta mère va adorer.
-Wololo, bon je fais vite.
-J’espère ! Ca ne me plaît pas plus qu’à toi d’être coincé là.
-Ouais, ben désolé. J’ai pas choisis.
-Moi non plus.
Il soupire avant d’ajouter :
-Bon anniversaire au fait.
-Ouais, c’est ça merci.
Je raccroche et me jette littéralement sous la douche en espérant que cela atténuera les effluves d’alcool…
Une demie heure plus tard je rentre dans le RER.
J'aimerai lire ou écouter de la musique, mais je sens que la migraine n'est pas loin tel un monstre tapis dans l'ombre prêt à bondir. Je ferme les yeux quelques instants...Pour les rouvrir dix stations plus loin que ma destination initiale. Pas de problème. La journée continue dans sa lancée. Ca pourrait être pire. Positivons.
Je descends sur le quai désert, il fait froid, gris, la gare est austère. Je m'allume une clope en regardant le prochain passage du train sur le panneau électrique. Les joies de la banlieue le Dimanche: Je dois attendre 20 minutes.
Quand le "joli" train arrive enfin, je choisis une place isolée près de la fenêtre. A la station suivante, un jeune mec entre. Enfin je devrais dire un "Keum", vu qu'il porte un survêt jaune poussin Lacoste (couleur exquise), une casquette et qu'il beugle des trucs en verlan dans son téléphone. Je ferme les yeux, de tous les wagons vides, il a fallut qu'il choisisse le mien. Super.
Il raccroche le téléphone, et je me dis que j’aurais enfin un peu de calme. Mais il pousse le haut parleur de son mobile et commence à écouter son rap de merde.
Nous ne sommes que deux dans le wagon, sa « musique » me les brise menu menu. C’est un truc du genre : « Wesh, gros, moi ce que je kiff c’est fumé des splifs, c’est trop de la balle, sors ton gun et tire une balle ». La nausée et la migraine me revienne par vague à mesure que le paysage banlieusard défile derrière la vitre. Je préfèrerai encore me retrouver dans un salon de coiffure en province un jour de fête du village entouré de bonnes femmes jacassantes âgées de sept à soixante dix sept ans !
Dire que je pensais qu’ils écoutaient leurs téléphones pourris dans le métro dans le but de faire chier un maximum de monde... Soupir…
Je prends mon mal en patience, car au fond de moi je sais que le pire reste à venir : le repas en famille… Surtout qu’avec mes deux heures de retard, je ne vais pas être accueilli avec des colliers de fleurs.
Ca y’est, le train entre en gare. Je descends et m’engage dans la grande rue de cette belle commune qu’est Bagneux.
La banlieue le Dimanche, c’est un peu comme être plongé dans un film catastrophe où une arme bactériologique (ou autre) aurait éradiqué la population mondiale, laissant notre planète recouverte de villes fantômes.
La pluie commence à tomber, j’en reçois une goutte glacée dans le coup. Heureusement que pour une fois j’ai pris mon parapluie avec moi. Je me rends compte que je l’ai oublié dans le train. Merde.
Je hâte le pas à mesure que la pluie fine se mue en averse et j’arrive devant le petit pavillon familial érigé sous le ciel gris tel un château lugubre abritant le seigneur Dracula ainsi que tous ses comtes et comtesses prêt à se nourrir du premier manant venu.
Je suis trempée d’eau froide et de sueur, je souffle comme un bœuf, et suis rouge comme un irlandais en overdose de Guinness.
Je sonne à la porte déclenchant instantanément les aboiements aigus et désagréables de Zeus, le petit batard que ma mère à recueilli deux ans plus tôt à la SPA. Amusé, je me dis qu’il à tout pris de sa maîtresse en matière de communication.
Je traverse le petit jardin envahi de mauvaises herbes et de vieux meubles qui ne servent plus (mais qui pourrait resservir un jour, on ne sait jamais !) et pénètre non sans appréhensions dan la maison qui à tout du pavillon témoin « rêvé » d’une catégorie sociale à laquelle je n’appartiens pas… Encore.
Mon frère ouvre la porte, un peu trop BCBG pour l’occasion avec son pantalon sur mesure, sa raie sur le côté, ses lunettes Gucci et son pull col roulé noir qui à dû couter plus cher que l’ensemble de ma tenue.
« Le parfait petit premier de la classe » me lance en guise de bonjour : « Tu me paieras ça » et il me sert la main. Mon père est assis à table lisant l’équipe et je ne vois que le dessus de son crane (qui se dégarni d’année en année), dépasser des feuilles de papier froissées. Il baisse le journal et me regarde un peu surpris. Plus il avance en âge, plus il semble perdu dans un monde qu’il ne comprend pas et qui ne le comprend pas. Totalement à l’ouest, quoi. Je pense que par reflexe, il se coupe de la réalité pour se réfugier loin des monologues incessants de ma maman. Une réalité « merveilleuse » peuplée de maquettes de train, de timbres et de scores de match de foot.
Je pense même avoir hérité de son côté collectionneur, sauf que moi, j’ai décidé de me limiter aux plans galère et aux histoires d’amour bancales.
Je pénètre dans la cuisine, en ayant le sentiment d’être un lapin pris dans les phares d’une voiture, et ma mère commence instantanément à me parler sans me laisser le temps de placer autre choses que quelques sons monosyllabiques de ci de là :
« Ah, ben il était temps ! Non mais t’as vu l’heure ? Et moi qui me suis levée à sept heures du matin pour tout préparer. Si j’avais su ! En tout cas je suis allé au marché, et tu as intérêt à apprécier, car le prix du bio maintenant… Puis avec ce temps. Ah, je te le dis, même le chien n’à pas voulu sortir. Mais bon, maintenant c’est trop tard, mon gigot va être trop cuit. Je sens que ça va être raté. T’es pénible quand même. Puis tu as vu ta tête ? Tu as une mine affreuse. Tu sors, trop, puis tu dois mal manger. Et puis faut vraiment que tu arrêtes de fumer ! Tu pues la cigarette. Regarde ton frère, lui il à une santé de feu. Enfin lui il ne doit pas boire tous les soirs vu son métier. Il n’a pas une minute de libre. Faut dire que la crise économique ne facilite rien. Et pourtant lui, il m’appelle le soir des fois. Il ne fait pas joujou toute la journée sur son ordinateur. Oh, et puis… »
Je la coupe prétextant un besoin pressant. Je ne me sens même pas de lui dire que de toutes les viandes, l’agneau est celle que je déteste le plus (sauf dans les kebabs bien entendu) et que maquettiste, c'est-à-dire mettre en page des magasines, c’est un vrai métier. Pas intéressant certes, mais avec tout un lot de chartes graphiques à respecter, et que ce n’est pas précisément ce que je qualifierais de faire « joujou » sur un ordinateur.
La vie est bizarre, beaucoup de mes amis quand ils rentrent chez leurs parents ont la sensation de retourner chez eux dans un genre de bercail douillet où ils se font chouchouter… Moi ce serait l’inverse, à chaque fois que je reviens, je me sens un peu plus étranger à mes parents, et à leur mode de vie. Les babioles et autres bibelots sur les étagères me semblent être le summum du mauvais goût. Le papier peint ternes tout droit sorti d’un mauvais film des années soixante dix et toutes les lubies de ma mère sont pour moi la traduction d’un subconscient qui hurle son ennuie face à un mari qui à rendu les armes. Napperons, peinture sur soie, et autres dentelles me donnent l’impression de faire un saut sans parachute dans un univers à mi chemin entre une famille de « Deschiens » et de « Bidochons» un jour d’automne pluvieux. Ce qui (reconnaissons le) est dans notre beau pays un pléonasme. Cynisme quand tu nous tiens.
Réjouissons-nous, le plus tard je suis arrivé, le plus tôt je serai parti.
Je reviens à table où les trois membres de la famille m’attendent. On entame la salade « bio » sans gout car les légumes ne sont pas de saisons, on découpe le gigot que je me force à manger avec appétit, en cachant mes haut le cœur comme à chaque fois. Mon père cache son ennui avec difficulté, parlant du temps et de politique alors que son seul désir serait de récupérer les pages de son précieux journal dont le chien s’est fait un devoir de maculer de boue.
Mon regard s’arrête sur Alexandre, mon frère, ma Nemesis. J’ai redoublé ma terminal L, il à eu son bac S avec mention très bien. J’ai fait un fac de droit, il à fait une prépa au nom que je ne comprend pas : Math sup/Math spé prime étoile contrôle alt supp. Armé d’un DEUG j’ai fait le tour des boites enchainant les petits boulots de Barman ou serveur Mcdo, lui à intégré Centrale. J’ai enfin décroché un poste de maquettiste par miracle payé à peine plus que le SMIC, alors qui lui est passé commissaire aux comptes à peine son diplôme obtenue avec succès. Il gagne quatre ou cinq fois mon salaire, il présente bien et est toujours parfaitement coiffé. Le parfait petit gendre idéal pour belle mère embourgeoisée du seizième arrondissement de Paris. Bref il m’énerve. D’autant plus qu’il n’est même pas désagréable avec moi. Je redoute le jour où il annoncera ses fiançailles avec Kunégonde de « la machin chose », ou bien Marie-Chantal du « je ne sais pas quoi »… J’aurais aimé me sentir proche d’au moins un membre de ma famille. J’aurais adoré qu’il soit un peu moins dans la norme et un peu plus comme moi. Il n’est plus jeune que de trois ans, mais j’ai l’impression d’en avoir vingt et lui quarante.
Ma pensée s’égare entre le PIB de Nouvelle Guinée, et le CAC 40. Une émotion semble m’envahir : un sentiment étrange et différent. Je repense aux évènements de la veille, revois ma tête dans le miroir ce matin, et je suis pris dans un tourbillon d’images similaire, qui me donne le vertige. Suis-je heureux ?
Je regarde ma mère resservir mon père, celui-ci semble sourire et je crois même déceler un clin d’oeuil. Mon frère a l’air sérieux mais détendu. J’ai beau le fixer, je ne vois pas de supériorité dans ses manières. Il explique juste humblement pourquoi le pays va mal. Je réalise qu’il ne cherche pas à imposer son savoir, mais au contraire à le partager.
Et si j’étais devenu cynique, pas seulement aujourd’hui, jour de mon anniversaire, mais il y a bien longtemps ? Et si j’essayais de m’ouvrir et d’être plus gentil ? Et si j’étais tout simplement en descente à cause des extas gobés hier soir ? Beaucoup de « et si » se mettent à voler devant mes yeux, mais est ce que ça ne vaudrait pas la peine de tenter le coup ?
Je vais commencer tout de suite : les côtés de ma bouche se redressent au prix d’un effort surhumain, et je souffle les bougies du gâteau de bon cœur alors que mes parents et mon frère chantent. J’ouvre le paquet que ma mère me tend, et l’ouvre en feignant l’interrogation Cartesienne. Je sors du paquet un appareil photo numérique… Dont je n’aurais pas l’utilité puisque ma vie ne présente pas d’évènements qui vaillent la peine d’être immortalisé… Mince ! Le cynique refait surface ! Vite, embrassons les membres de ma famille en retrouvant le sourire, et mangeons un morceau de gâteau. Oh, c’est un fraisier, ma pâtisserie préférée. Papa et Maman ont du s’en souvenir. Allez mon Vinçou, tu continues sur ta lancée. Voilà que je me parle à moi-même… Ca ne va pas dans la cabeza… Stop! Focalisons sur autre chose. Le chien me gratte la jambe. Peut être qu’il ne veut qu’une caresse et pas juste ruiner le dernier jeans que j’ai encore d’à peu près propre.
Incroyable, il est déjà dix sept heures et je n’ai pas vu le temps passer. Alexandre se lève et dit qu’il a un rendez-vous. Mes parents se lèvent ne semblant pas surpris le moins du monde, l’embrassent et lui disent de faire attention. Une chose surprenante se produit : ma mère ne dit rien. Elle rougie, et tend quelque chose que je ne vois pas à mon frère. Ce dernier se tourne vers moi et me propose de me raccompagner dans sa smart coupé. Il me le propose à chaque fois, et je décline toujours par orgueil (et un peu par jalousie, soit !). Il semble estomaqué quand cette fois j’accepte avec plaisir.
Alors que nous nous engageons sur le périph, il brise le silence un peu gênant qui s’est installé en allumant l’autoradio. La voix de Jim Morrison s’échappe du haut-parleur: “ Well show me the way to the next Whisky bar, ooooooh, don’t ask why, oh, don’t ask why…” Arrêter dans les trafiques de la capital, mon frère se tourne vers moi:
-Que t’arrive-t-il ?
-Je ne sais pas trop.
-Tu as appris que tu étais condamné ou un truc du genre ?
-J’espère pas. Il y a juste des choses qui doivent changer.
Alors que nous approchons près de chez moi, je me lance et lui demande ce que ma mère a bien pu lui donner. Il me regarde, esquisse un sourire, et sors da sa poche des… Préservatifs.
Je souris et l’embrasse alors que nous arrivons en bas de mon immeuble.
Je le remercie, monte quatre à quatre les marches les six étages. Je me sens beaucoup plus léger que d’habitude, et e me dis que j’ai du prendre la bonne décision. J’ouvre la porte sur mon minuscule appartement dont le rangement plus qu’approximatif me donne à chaque fois l’impression d’avoir été cambrioler et que le voleur a tout laisser sans dessus dessous. J’ouvre la fenêtre, trouve une tasse correcte, et me prépare un café. Alors que je bois le liquide brulant en lisant la notice de l’appareil photo un doute surgit balayant mon calme. Et si le cynique se mettait tout d’un coup à reprendre le dessus ? J’ai très peur, car je commence à bien apprécier l’état dans lequel je me trouve. Je ne veux pas tomber dans le syndrome du « docteur cynique et Mister calme ». Je frissonne et vais pour fermer la fenêtre quand le téléphone sonne. C’est Lynette ma gouinette (comme j’aime à l’appeler affectueusement) qui me souhaite un joyeux anniversaire et me propose de la suivre à un « tea dance ». C’est une sorte de soirée en boite sauf que cela se déroule entre dix huit et vingt trois heures. Je ne suis pas franchement emballé vue mon expérience de la veille, mais je n’ai pas le courage de rester seul à me morfondre. J’accepte donc de la rejoindre une heure plus tard à la station de métro Arts et Métiers. Juste avant de raccrocher, elle me glisse que c’est une soirée Gay et Lesbienne mais que c’est tout de même super gay friendly, et que du coup les jeunes filles à PD ne se tiendront pas sur leurs gardes…
Je me change et enfile une chemise pas trop froissée, un coup de parfum, et je me rend sur le lieu de rendez-vous. Lynette est là, cheveux corbeau en pétard, veste en Jeans usée, piercing à la lèvre et au nez. Elle me sourit, m’embrasse du haut de ses un mètre soixante dix, puis nous nous dirigeons vers la boite. Devant les portes, j’observe quelques jeunes hommes, et je me demande s’ils se font un devoir de ressembler à tous les clichés d’hystéro véhiculés par les médias. Finalement, cette sortie sera un bon test à mon cynisme. Si j’arrive à ne pas être trop méchant ni moqueur, je pense que le reste se passera sans trop de problèmes. Nous fumons une cigarette en discutant mon amie et moi, et je remarque que je n’ai plus aucune trace de la grosse migraine de ce matin. Nous achetons nos places et pénétrons dans un lieu qui n’à rien à voir avec une boite de nuit. On y voit clair, il y’a beaucoup de lumières colorées, jaunes, vertes, roses, bleues. Le dernier « hit » (cynique ou pas j’insiste sur les guillemets) de Britney Spears passe, les filles et les garçons dansent et semblent s’amuser. Je dépose ma veste au vestiaire et accompagne Lynette directement au bar : emplacement stratégique de repérage pour rencontres éventuelles. Le club à une taille humaine, une vaste salle pouvant contenir deux cents personnes. Les gens se sourient, personne ne se regarde de haut, et plus surprenant encore, personne n’a l’air saoul ! Ils ont de la chance. Je vais faire un effort, essayer de me détendre et d’arrêter de broyer du noir. Ma copinette me donne un coup de coude et me glisse à l’oreille : « Y’a une grande Brune là bas près des toilettes qui n’arrête pas de te mater. » Je tourne la tête discrètement et aux aguets, car dans la manière qu’elle a de parler, le terme grande brune peut effectivement désigner une grande brune, mais aussi un garçon grand, brun et très efféminé. La scène se déroule au ralentit, mon regard balaye la salle et croise le regard de… Manuel…a. Oh mon dieu !
Elle (il ?) à du vachement mal prendre mon attitude d’hier. Que vais-je faire ? Je vais encore me trouver au beau milieu d’un scandale, et finir ridiculiser devant toute une assemblée. Au moment où j’avais décidé de changer mon karma. Je vais encore passer pour un méchant sans cœur. A moins que…
Ma décision est prise. Je bois mon verre d’une traite et traverse la piste et les danseurs qui se déhanchent à présent sur du Mylène Farmer, j’ai les yeux qui piquent à cause des bulles bues trop vite. Elle se trouve à dix mètres…. Sept… Quatre… Deux… Je me tiens devant elle l’air penaud.
-Je… Heu… Je
(Madonna se met à chanter)
-Je suis désolé. Dis-je, prononçant les mêmes mots en cœur que la madone.
A ma grande surprise, elle sourit comme amusée par la scène.
-C’est pas grave me répond-elle.
-Non, je m’excuse… Vraiment.
-Allons boire un verre.
-D’accord mais je t’invite.
Alors que nous traversons la piste en sens inverse, je me sens soulagé. Ce n’était pas si terrible.
Je reprends une bière, lui offre un kir, et nous bavardons, je lui parle de ma vie, elle me parle de la sienne, le dialogue est facile. A un moment je rougis, J’aurais du lui expliquer hier soir que je n’étais pas du tout homo au lieu de m’enfuir de la sorte. Elle a compris ma réaction mais me remercie de m’être excusée. Finalement on s’échange nos emails promettant de nous ajouter mutuellement en tant qu’amis sur facebook.
La journée ne se termine pas si mal que ça. Mieux qu’elle n’a commencé. Lynette nous rejoint, salue Manuela et me traine sur la piste de danse : c’est Luna Parker qui passe !
Alors qu’on se pogote en rigolant, je bouscule par inadvertance quelqu’un derrière moi.
Je me retourne tout sourire pour m’excuser et me retrouve le souffle coupé. Face à moi se trouve un garçon au visage familier si ce n’est qu’il à retirer ses lunettes, mis un tshirt, et décoiffé volontairement ses cheveux.
-Alexandre ?!?
-Vincent ?!? Mon frère me regarde totalement médusé.
Je me mets à rigoler, Lynette qui n’a rien perdu de la scène, me demande qui est le jeune homme devant moi. Je lui présente donc officiellement mon petit frère, elle lui saute au coup, et il se met à son tour à rire.
-C’est génial ! Je ne savais pas que tu avais un frère PD ! Tu me l’avais décrit comme le dernier des grattes papiers !!!
-Ben je ne le savais pas non plus !
-Bon, et bien maintenant tu sais. Oui, je suis gay, et très content !
-Tu as l’air, ça fait plaisir de te voir comme ça !
Et en lui disant cette dernière phrase, emporté dans mon élan, je le prends dans mes bras et l’embrasse sur le front en me remettant à danser !
On me tape sur l’épaule. Je suis prêt à tout à présent ! Même à voir mon banquier… Perdu !
Je me prend le contenu d’un verre en pleine face (au gout je dirais whisky coca). Alors que je ne comprends plus trop ce qui se passe, un grand maigrichon peroxydé m’insulte, tourne les talons, et décampe d’une démarche hystérique en poussant des cris. Mon frère me regarde incrédule, puis éclate de rire :
-Tu viens de rencontrer Joshua, un jeune homme qui vient de devenir mon ex par la même occasion. Je viens de me faire plaquer devant toi je crois.
-Heu… Je suis désolé.
-Pas moi ! Ce n’était que le second rencard.
J’éclate de rire à mon tour :
-Nous avons donc des points communs ! Tu assures niveau rencard…
-T’as pas idée !
-Tu ne veux pas aller en discuter ailleurs ?
-Si, je connais un café pas loin.
Nous prenons nos manteaux aux vestiaires, et alors que nous nous apprêtons à partir, Lynette me lance au passage :
-Et bien, t’es vachement trans/PD/gouine pour un hétéro bof et obtus !!!
Puis elle s’en retourne danser… Avec Manuela.
Il est 23h59. Nous sortons dans l’air frais du soir parisien. Le ciel est violet et dégagé. On aperçoit même une étoile au dessus des immeubles éclairés par la lumière orangée des réverbères. Mon frère marche à côté de moi en silence. Je m’allume une cigarette, et lui passe le bras autour des épaules. Le long dimanche s’achève. Tout va bien.
lundi 16 février 2009
GHB ou Les nouvelles aventures de Loïc (l’Aine) et Clark (Cunt)
L’adrénaline parcourt son corps par petites décharges. Le sang pulse dans ses tempes propulsé par le cœur qui s’emballe. L’effet lui rappelle (mais juste un petit poil) le poppers qu’il à sniffé la veille au soir. Il entend au loin la voix grasse de ses poursuivants : « Hé, reviens petite fiotte, on va te faire ta fête ! »
« C’est mauvais ! » Se dit-il. « Si je m’en sors indemne il faudra que je change cette réplique de mauvaise série télé dans mon article… »
Puis très vite, alors que ses muscles poursuivent leurs mouvements devenus automatiques, son esprit de journaliste se met en branle (non ce n’est pas sale dans cette situation) et fait le point sur le pourquoi du comment il en est arrivé là.
Quelle putain de mouche l’avait piqué pour que lui, Loïc l’Aine, premier journaliste du magasine gay et lesbien « Tais-toi » décide de pondre un article sur la récente série d’agression homophobe qui semblait toucher Paris. Pourquoi avait-il décidé de joindre l’utile à l’agréable et de partir étudier les faits sur un terrain propice : Le jardin des tuileries !
Ca n’avait pas loupé, après trois quarts d’heure de dragouille infructueuse et après avoir esquivé deux patrouilles de gardiens, un groupe de quatre individus crane ras et ventre en avant l’avaient abordé barre de fer à la main, regards bovins de circonstances et haleine sentant tellement la bière que cela lui avait rappelé son dernier flirt à la sortie d’un bar quelconque de la rue des archives à trois heures du matin.
Et voila, back to reality, il se retrouve à présent à courir comme un dératé tout en se maudissant de ne pas être sportif comme tout bon petit Pd lambda qui se respecte. Il se dit qu’il ne devrait pas fumer méticuleusement chaque jour son paquet de cigarettes et manger avec un plaisir proche de la félicité les mets aussi gras et variés que la restauration rapide de la capitale peut offrir. (Pizza, burgers et kebabs pour les plus lents d’entre vous)
Il sent la suite arrivée au moment ou il trébuche sur une bouteille en verre et se ramasse de tout son long. (Pour poursuivre dans le registre de la série b télévisée !)
A peine le temps de ramper contre un bosquet tout proche, que ses agresseurs sont là. Il ferme les yeux, et au milieu d’insultes toujours plus graveleuses, il se prépare à recevoir les premiers coups de tatane façon présentation orteilles/nez; mais…
« Monday ! tatatatatatatadatata, Tuesday ! Tatatatatatdatata, moi je vis d’amour et d’envie…. »
Il rouvre les yeux lentement pour voir ses agresseurs danser sur du…Dalida ?!?
(Mais la Dalida de l’époque disco, sinon ce n’est pas pareil !)
Les quatre lourdauds semblent pris de panique, alors que leurs membres effectuent des mouvements parfaitement coordonnées et au rythme d’une chorégraphie effrénée.
Un éclair doré surgit d’on ne sait où, et le temps d’un battement de cils de la grande Mirza, tous les agresseurs se retrouvent au tapis dans un vacarme de « BAM, PLAF, KLING, CHTONG ». Puis la musique s’arrête.
Loïc cligne trois fois des yeux sous le choc, et complètement estomaqué, il le voit, debout face à la lune.
Un colosse de deux mètres au moins, portant une cape….rose ?!?
L’apparition se retourne et lui tend une main ferme, pour l’aider à se relever. Au contact du membre puissant, le corps de L’aine est parcouru d’un frisson alors que son esprit journalistique se remet en grosse branle une nouvelle fois. Il analyse à toute berzingue un maximum d’information, et détaille son sauveur des pieds à la tête !
Il voit tout d’abord la musculature saillante et parfaite, moulée dans du lycra doré. (Bon, ça explique l’éclair qu’il à vu !). Le « costume » dessine et appuie toutes les courbes, et les angles du corps incroyable. Les pectoraux bombés sont mis en valeur par un genre de blason qu’il porte au milieu du torse : un grand losange dans lequel semble écrit en lettre de « feu rose » : GHB.
Le sourire ultra bright aux dents parfaitement alignées semble être un phare éclairant dans la nuit un visage carré masqué du même rose que la cape, appuyé par un nez droit et une fossette au menton. Ensuite, le reporter croise mais ne peut soutenir le regard droit et juste de la vision. Il baisse les yeux et se retrouve à admirer un paquet aux dimensions incroyables dissimulés sous un slip rose mini, mini.
Une voix virile digne d’un porno macho des années 80 transperce la nuit :
-Comment ça va jeune homme ?
Jeune homme ?!? Alors là, le reporter pense être en train de rêver. Il se relève, planant à 10 000 pieds. Plus que le costume de carnaval, que les muscles, que la scène irréelle qui s’est déroulée devant lui, la perspective d’avoir été appelé jeune homme, à Paris, alors qu’il est âgé de plus de 30 ans, le transporte littéralement sur un nuage que même 3 extas à la suite ne lui ont jamais permis d’atteindre.
Balbutiant et un peu timide, les joues roses comme celles d’une pucelle courtisées pour la première fois, il demande :
-Mais, qui êtes vous ?
-Je garde mon identité secrète, mais sous cet uniforme, vous pouvez m’appeler GHB.
(Un coup de tonnerre se fait entendre, sans que le reporter ne sache d’où ça vient…)
-G………….H……………B……. Qu’est ce que ça veut dire ?
-C’est l’abréviation de GAY HEROE BOY.
-C’est une blague ?
-Pas du tout, je suis venu donner un coup de main au monde car il est temps de changer les mentalités. (Autre coup de tonnerre !)
-Mais ce costume…. Cette force…. Et quoi d’autre ?
-Je peux détecter toutes traces d’homophobies, j’ai la force proportionnelle d’une gym queen radioactive, et je peux faire danser n’importe qui comme vous l’avez remarqué sur du Dalida.
Je compte sur vous pour faire passer le message à un maximum de monde. L’homophobie sera dés à présent punie. Maintenant, excusez-moi, mais je dois m’envoyer en l’air !
Et sur ces mots, le nouveau super héros s’élèvent dans les airs et part à travers les cieux.
Les guibolles tremblotantes, Loïc l’Aine se décide à rentrer chez lui pour écrire compulsivement l’histoire qu’il vient de vivre.
Il est 7h47 le lendemain matin quand il enfonce sans lubrifiant sa clé USB dans le port prévu à cet effet de son ordinateur. Il pense avoir rêvé la nuit dernière, impression renforcée par le manque de sommeil et part le fait qu’il ait rencontré pour la première fois la réceptionniste du matin. En effet en temps normal, il n’arrivait jamais à la rédaction du magazine avant le début de l’après midi.
-L’Aine !!!!
Hurle une voix caverneuse qui à l’oreille habituée ne peut signifier qu’une chose : le rédacteur en chef est déjà là et il n’est pas content.
La porte s’ouvre à la volée !
-L’Aine, va falloir me bouger votre putain de cul flasque d’empoté fini ! La nuit dernière, les putains de keufs ont reçu plus de coup de fil que le standard de TF 1 un soir de final de Star AC !
Il semblerait qu’un putain de boyscout bodybuildé aurait décidé de débarquer dans notre putain de ville pour protéger le gay et le putain d’orphelin !
Loïc sans changer d’expression le reporter analyse rétroactivement le nombre de fois ou le rédacteur en chef prononce le mot « putain » en seulement trois phrases. Il veut faire un « putain » de commentaire bien senti mais se ravise en voyant la petite veine violacée palpiter sur la tempe gauche du vieux rédacteur bedonnant.
Cette petite veine est un signe de catastrophe imminente. L’expérience lui a appris que le battement de veine du chef peut déclencher des tempêtes… ET même pas à l’autre bout de la terre, juste de l’autre côté du bureau.
Il aime bien le chef malgré tout, un vrai de vrai, un pur, un de ceux qui n’a pas réussi grâce à son physique (il en est sûre) : Teint violacé, voir nécrosé, montagne de graisse en fusion, frémissante dans des vêtements trop serrés, habillé sans aucuns styles. Son coup déborde littéralement du col douteux de sa chemise, faisant apparaître une tête mauvaise aux lourdes bajoues tremblotantes comme du flan. Le tout est fourni avec tonsure et moustache assorties. Le morse devait être son animal totem, en tout cas c’est celui que lui avait attribué la rédaction à son insu.
L’Aine esquisse un sourire au chef, le rictus narquois de ceux qui savent avoir une longueur d’avance sur leur entourage, mais attendent pour ménager leur effet.
Il fait pivoter l’écran de son Mac dernier cri (oui, la presse homo ça paie) de manière à ce que le pachyderme marin puisse voir le titre de l’article qu’il vient de rédiger : « GHB ou le gaie début d’un nouveau héros en lycra. »
Il voit alors son chef plisser des yeux, les méninges carburant visiblement à 200 à l’heure, puis la colère semble comme s’évaporer d’un coup, et d’un ton emplit d’amour le gros bonhomme ajoute :
-Mon petit Loïc, je n’en attendais pas moins de vous ! Toujours au top hein, petit canaillou !
C’est pour cette raison que j’ai décidé de vous faire travailler en tandem avec une jeune recrue qui semble bien prometteuse ! Ce jeune Homme arrive tout droit de l’ARC ens ASS.
-Mais chef, c’est juste pas possible ! Vous savez bien que je travaille toujours en solo ! Je ne veux pas d’un péquenaud débutant pour venir me coller aux basques. Manquerait plus qu’un sale petit provin….
Il est coupé par l’apparition dans l’embrasure de la porte d’un grand jeune homme blond platine et très bien fait (super bien foutu quoi) au style élégamment branchouille !
Seul bémol, ses vilaines lunettes aux verres à double foyer lui donnent un air pas franchement fut fut. Mais notre reporter en tendant la main, se dit qu’en temps voulu, on pourra troquer les horribles montures contre de jolies lentilles. Leurs mains se rencontrent, mais Loïc est trop plongé dans ses réflexions pour remarquer qu’un frisson lui parcourt le long de l’échine.
-Loïc L’Aine
-Clark Cunt.
-Je suis sure que c’est le début d’une joyeuse collaboration.
L’histoire com
jeudi 29 mai 2008
JOHNNY DUPOND
Il ne pouvait pas se rendormir, mais il ne pouvait pas non plus profiter véritablement du gain de temps obtenu.
Par Dépit, en ce matin gris de Septembre, il se leva, enfila ses pantoufles à carreaux bordeaux pour ne pas attraper de rhume, posa ses verres à double foyers sur son nez et pris la direction des waters.
Une fois sa vessie vidée et ses mains lavées, il noua une robe de chambre verte sur son pyjama deux pièces bleu ciel. Il se prépara deux biscottes beurrées et un bol de café. Il avala le tout sans entrain en regardant Télé matin.
Ce jour ne varia pas d’un chouilla des autres quand il s’habilla avec les mêmes couleurs ternes habituels : chaussures usées, pantalon en velours élimé aux chevilles, chemise caca d’oie à rayures brunâtres, et vieux gilet rouge sans formes. Sa garde robe ne variait jamais beaucoup.
Son imperméable sur le dos, il sortit de chez lui à la même heure que les autres jours. Sur le chemin du métropolitain il salua d’un signe de tête le Barman du café du coin ou il prenait son petit crème sans rien dire le dimanche. Il passa devant la boulangerie où la grosse pâtissière blonde lui fit un sourire qu’il ne lui rendit pas comme chaque matin, et s’arrêta au kiosk à journaux pour acheter le parisien. Il ne faisait pas vraiment grand cas des nouvelles du monde qui l’entourait mais il faisait tous les jours les mots croisés en mangeant son jambon beure à sa pause déjeuner. Il avait vue le quartier évoluer depuis 20 ans qu’il vivait là. Certains disaient en bien, d’autres disaient en mal. Lui s’en contrefichait.
Le journal replié sous le bras, il s’engouffra dans la bouche de la station Belleville.
Les lumières artificielles soulignaient sont teint cireux, l’odeur mélangée d’urine, de relent d’égout, et de transpiration ne lui portait pas au cœur au contraire : il aimait bien le métropolitain. C’était l’un des rares endroits au monde où il ne se sentait pas étranger à l’univers qui l’entourait. Les gens avaient la mine aussi fermé que la sienne, personne ne parlaient à personne. Personne ne voulait parler à personne et d’un autre côté la promiscuité forcée dans les rames lui donnait durant un fugace instant la sensation de pouvoir être proche de ces semblables.
Il fit son changement comme tous les matins et tous les soirs à la station république pour rejoindre le métro de la ligne huit qui l’amènerait invariablement à la station Madeleine, d’où il rejoindrait la rue d’Anjou dans le huitième pour aller s’assoir derrière son guichet du bureau de poste…
Ce matin pourtant, quelque chose se produisit… A la station Strasbourg Saint-Denis.
Alors qu’il était debout, serré contre les portes arrière du train, une jeune fille sans autres choix vint se presser contre lui… Cascade de cheveux blonds sentant le jasmin dans le visage, effluve de bergamote subtile dans les narines, friction de la jupe en acrylique contre le velours usé de son pantalon, Johnny Dupont sentit poindre en lui le début d’une érection.
Le petit homme rougit, lui pour qui la rigidité n’était la plupart du temps que mécanique. Il aurait voulut disparaître, ou tout du moins changer de wagon, mais complètement bloqué par la foule d’usagé de la RATP, il n’eut d’autre choix que de faire comme si de rien n’était.
Seulement voilà, au fur et à mesure du défilement des stations, loin de diminuer sa turgescence amplifia… A tel point que la femme devant lui s’aperçut qu’il ne s’agissait pas là d’un téléphone mobile. Elle se retourna d’un mouvement vif, Johnny croisa son regard pour la première fois. Il eut à peine le temps de voir ses deux yeux en amande d’un vert profond emplie d’une fureur contenue, qu’une gifle magistral vint lui mordre la joue. Elle lâcha un « espèce de porc » sous le regard amusé des voyageurs, avant de bousculer les autres passagers pour se frayer un chemin vers la sortie.
Johnny Dupont resta silencieux, rouge comme son gilet, des larmes au coin des yeux, ne sentant qu’une douleur cuisante sur son visage, et dans son pantalon ou son sexe semblait ne plus jamais vouloir fléchir.
Il descendit à la station d’après, rabattant son imper du mieux qu’il put afin de dissimuler tant bien que mal la bosse perfide et disgracieuse…
Alors qu’il marchait pour rejoindre le lieu ou il effectuait ses 35 heures quotidiennes, il se sentait pour la première fois étranger même à lui-même.
Une angoisse profonde lui saisit les entrailles, et sembla faire tourner tout son petit déjeuner. C’est d’un pas pressé et décidé comme personne ne lui en avait jamais vu (Il faut dire que personne ne faisait attention à lui), qu’il franchit les murs de la poste… Pour se précipité sur le trône.
Il commença son service avec un peu de retard, et accomplit ses mornes taches du matin.
« A la poste se disait-il, on est plus vivant, mais on est pas complètement mort. »
Les autres guichetiers tamponnaient les paquets avec ennuis, les murs ternes pleins de publicités affichant des gens aux dents blanches et au sourire faux ne rendaient pas l’atmosphère plus chaleureuse… Au contraire, la mollesse et la froideur ambiante rendait les gens qui patientaient encore plus austères, pressés voir agressifs. Pas une seule journée sans qu’un « client » ne jette à l’assemblé de personnes piégés entre les quatre murs : « Y’a pas écrit la poste, mon cul ! »
C’étaient même devenu un sujet de jeu entre ses collègues… Parier sur le nombre de fois que les usagers mécontents de la qualité des services postaux feraient références au slogan débonnaire vu, lu et entendu un peu partout.
Le temps s’écoulait comme tous les jours, semblant faire exprès de ralentir pendant les heures de bureaux, pour reprendre un rythme effréné sitôt la fin de la journée arrivée.
Son sexe dont la dureté n’avait point diminué se mit à battre frénétiquement et douloureusement contre le tissu blanc de son slip bon marché en coton. Elle était là ! La chienne de se matin… Celle qui l’avait battu, humilié… La cause de cette douleur, de l’accélération de sa respiration, de ses palpitations…
Il fallait que cela cesse… Par tous les moyens.
Il se leva et quitta son guichet, au grand dam de la cliente qui attendait toujours la facture pour ses envois. La jeune fille blonde du wagon ne leva même pas les yeux sur lui tant elle était absorbé par sa lecture… Elle se tenait debout dans la file d’attente, trois grosses enveloppes sous le bras et un livre de poche dans les mains. Il prit cette fois le temps de la détaillé un peu plus longuement. Sa première constatation fut qu’elle était vulgaire. Les racines brunes de 3cm de long attestaient que la blondeur qui lui avait explosé au visage un peu plus tôt, n’était en fait qu’artificielle. Ses traits étaient grossiers et l’épais maquillage, superpositions évidentes de couches successives, ne cachait pas une peau grasse à tendance acnéique… Elle mastiquait frénétiquement un chewing gum, donnant à l’ensemble de son faciès un air bovin, appuyé par l’anneau doré qu’elle avait dans le nez.
Ses vêtement lovaient son corps aux rondeurs toutefois fortes généreuses, et il attarda même quelques instants son regard sur les petits doigts boudinés, qui tapaient compulsivement ce que les jeunes devaient appeler un « sms ». Il se demanda comment elle faisait pour presser les touches avec ses faux ongles fuchsias quasiment aussi longs que ses propres petits doigts.
La seule constante avec sa vision de ce matin, c’étaient ses yeux. Il revoyait sans cesse au ralentit la tête se tourner dans le métro, et les deux grands yeux… En se concentrant un peu, il revoyait la rétine noire, entouré d’un iris vers, tirant ensuite vert un bleu délicat aux extrémités, un peu comme une ile verdoyante perdue dans un océan. Il n’aurait su comment le dire, comment le décrire, mais les yeux de la bougresse le troublaient, l’hypnotisaient, le paralysaient, le stimulaient.
En revanche, se rendre compte de l’apparence abjecte de la cause de ses ennuis déclencha des bouffées de haine, comme un poison qu’on aurait distillé par vague dans tout son corps, au rythme des battements de son cœur et de son sexe.
Sans un mot il se rua dans la pièce du fond afin de récupérer son imper et son journal. Le responsable Monsieur Palard qui passait par là lui fit constater d’un ton sec que ce n’était pas encore l’heure de la sortie. Il ne regarda même pas le petit chef teigneux et névrosé à l’haleine chargée. Il pourrait toujours prétexter un rhume de cerveau demain ou après demain. Que les clients attendent un peu plus ou un peu moins à la poste ne changerait rien. Si ce n’était pas lui, ce serait un arrêt maladie, une grossesse, des RTT, une pose déjeuné, une pose café, une pose cigarette…
Le jour se lèverait demain encore, gris comme aujourd’hui.
L’air frais calmait son érection, posté comme il était, feignant de lire son journal, il pouvait observer à loisir les allers et venus des gens. Quand la truie sortirait, il la suivrait. Il ne savait pas encore où, et comment, mais un vague souvenir d’une situation semblable lui dicterait la marche à suivre.
La jeune femme qui ne devait probablement pas dépassé la trentaine sortit au bout d’une vingtaine de minutes l’air excédé. Ben quoi, y’a pas écrit la poste. Elle sortit son téléphone, composa un numéro, et se dirigea vers lui tout en parlant d’une voix forte. Elle le doubla sans même le regarder, il put entendre les échos d’une conversation : « et là, ben l’autre j’te jure, il à cru que j’allais payer ce prix là pour me faire… » . Elle allait de toute évidence vers le métro, heureusement pour lui à cette heure ci, il y avait beaucoup moins de monde. Il monta dans le wagon contigu au sien, et l’observa alors que les stations défilaient ponctuées par les bulles de chewing gum que la jeune fille faisait claquer bruyamment...
Elle descendit à Strasbourg Saint Denis, et Johnny Dupond en fit de même. Il était à une dizaine de mètres derrière elle, et avançait d’un pas égal, les sourcils froncés en observant sa démarche suggestive et chaloupée. « Une trainée se disait-il. J’ai été humilié par une trainée. »
Une veine était apparue, palpitante sur sa tempe alors qu’il crispait ses poings et sa mâchoire à en avoir mal. Attendre le bon moment, et faire ce qu’il devait. En sortant du métro, La fille cracha son bubble gum et s’alluma une cigarette ultra light menthol dont la fumée ne tarda pas à s’élever vers le ciel. Il la suivit encore un petit moment quand cette dernière s’arrêta rue Saint Denis. Elle sortit un trousseau de clés de son mini sac à main argenté et entra dans un immeuble gris et délabré après avoir composé le digicode. Très bien se dit-il en se frottant les mains autant par satisfaction que pour se les réchauffer. Il alla se poser sur un banc lui permettant de voir la vieille porte salie et maculée de taches de peintures et de divers graffitis, par laquelle la petite pute avait pénétré. Quelque soit le temps qu’elle mettrait à redescendre, il attendrait.
N’ayant aucunes attaches, aucuns plaisirs, étant d’une psychorigidité totale, Johnny Dupont avait développé la capacité de traversé la morosité de sa vie, sans rien en attendre et sans en être affecté. Cela lui conférait une patience emprunte de résignation qui dans ce cas précis lui permettrait de tenir.
L’attente ne fut pas de longue durée, la jeune fille réapparut moins d’une demi heure plus tard quasiment méconnaissable, elle portait à présent des collants à grosse maille, de longues bottes en similicuir, un short ultra court rouge vif, et un petit haut gris et or du plus mauvais gout laissant apparaître une poitrine décidément très opulente. Elle avait attaché ces cheveux en une queue de cheval laissant apparaître deux créoles, et mastiquait à nouveau un chewing gum. Un homme se leva de la terrasse du café d’en face et s’approcha d’elle. Elle l’embrassa sur la joue puis essuya la trace de rouge à lèvres qu’elle venait de lui laisser. Il était grand, complètement chauve, entre deux âges et portait un costume complètement rapiécé aux extrémités. Elle composa à nouveau le code et entra, suivi de près par l’inconnu qui lui claqua une petite tape sur les fesses, ce qui sembla la faire glousser.
« Une pute, j’en étais sure ! Une pute ! Et voila comment elle ose me traiter… Elle va voir… »
Il resta sans bouger pendant une heure. Il ne sourcilla pas quand la porte se rouvrit à nouveau laissant apparaître une jeune couple. Elle, plus grande que lui, à peine quarante ans à eux deux. Les amoureux étaient totalement assortis… Pantalons amples, cheveux en batailles tombant dans les yeux pour lui, cheveux longs et mal coiffés attaché négligemment en une natte souple pour elle.
Ils portaient tous deux la même écharpe rouge, et ne cessaient d’afficher un sourire niais aux lèvres sans raisons… L’espace d’un instant fugace, Dupond les envia. Mais il savait que ce genre de relation lui était interdit. Son père le lui avait bien fait comprendre. Pour vivre ce genre d’histoire, il aurait fallut qu’il soit différent, dans son cœur et dans sa tête… Le jeune couple partit vers la gauche, et Johnny pu constater que la porte mettait une dizaine de secondes à claquer. Un vieil homme aux cheveux gris et sales coupés courts et à piètre allure pénétra dans l’immeuble peu de temps après. Une demi-heure passa encore quand la porte se rouvrit : C’est le colosse chauve qui en sortit l’air satisfait, suivi de près par la jeune effrontée. Elle avait à présent les cheveux détachés, et une bouffée de mépris traversa Johnny toujours assis sur son banc.
La fille embrassa à nouveau l’homme à la calvitie totale en lui murmurant des mots que Johnny ne parvint pas à saisir. Alors qu’il s’en allait, la fille aux yeux verts vérifia l’heure sur une grosse montre au bracelet rose, puis s’alluma une autre menthol en s’adossant contre le mur.
Un petit homme à la peau noire arriva alors qu’elle éteignait sa cigarette du talon de sa botte. Elle lui sourit, composa le code et fit signe au mulâtre d’avancer. Ce dernier dont le sourire laissait percevoir une dentition blanche bien qu’approximative ne se fit pas prier. Cette fois c’est elle qui lui mit une petite tape sur les fesses, et Johnny ne put dire avec exactitude, si le gloussement qui se fit entendre alors que la porte se refermait provenait de la gorge du nègre ou de la stupide femelle.
Sa détermination ne faisait qu’augmenter, un peu à la manière d’un feu d’artifice, qui gonfle, qui éclate de plus en plus haut, de plus en plus fort, pour laisser la place au bouquet final, qui emplira le ciel obscur de couleurs, d’étincelles, de bruit, et de fumée…
Quand la porte se rouvrit une nouvelle fois et qu’une petite femme, parfaite ménagère basse classe de moins de 50 ans s’échappa un caddie à la main, les muscles de Johnny Dupond se contractèrent et il avança comme si de rien était bloquant la porte de manière naturelle juste avant que celle-ci ne se referme.
Il avait pénétré dans le hall d’escalier sordide avec la rapidité et la précision d’un chirurgien, et c’était rué dans le local à poubelle sous l’escalier. Eclairé par une faible lueur jaunâtre, il se dégageait du petit cagibi une odeur nauséabonde, qui s’insinuait dans ses narines. Le mur sale était couvert de lézardes suintantes, tel de longues plaies mal recousues, et juste avant que la lumière automatique ne se coupe il cru voir une blatte courir le long du mur et disparaître dans un interstice sombres. Un frisson le parcouru. Pourtant cette réaction n’était pas dû au dégout, mais bel et bien à de l’excitation. Son érection ne le torturait plus depuis un petit moment, il s’était habitué à cette rigidité forcée, et il savait qu’avant la fin de la journée il se sentirait soulagé.
L’obscurité le berçait et semblait faire écho en lui. Un peu comme si cette puanteur et cette obscurité dans ce lieu clos (qui aurait rendu n’importe qui claustrophobe et nauséeux) le renvoyait à une souvenir lointain et familier. Il ne se souvenait pas, et ne voulait pas y prêter attention.
Le passé n’avait pas d’intérêt, le futur encore moins.
Il ferma les yeux et écouta les bruits de l’immeuble, cacophonie étouffée mais omniprésente. Une chasse d’eau qu’on tire, des voix éteintes, un aspirateur, une télévision diffusant probablement un téléfilm navrant, il fit le tri dans son esprit pour chasser les parasites, afin de capter le son qu’il recherchait… Soudain, le même gloussement se fit entendre juste après un claquement de porte. La lumière automatique se ralluma projetant des ombres fantomatiques dans le petit lieu clos mais il ne le remarqua pas, trop concentré sur les bruits de pas. Il compta le nombre de marches qui grincèrent une par une. Quand le bruit raisonna au dessus de sa tête, sa respiration était calme, le sang dans ses tempes ne palpitait plus aussi vigoureusement : il avait analysé la situation et déduit qu’il devrait franchir trois étages. Au son de la démarche lourde, il sut que c’était le petit africain édenté qui sortait de l’immeuble. Sans esquisser un sourire, et satisfait de voir que le petit homme était ressorti seul, il sorti du local à poubelle et ferma lentement la porte dans un grincement lugubre. D’un pas feutré il monta l’escalier sans empressement. Le premier étage aux murs humides et aux cloques de peinture boursouflées. Cinq pas sur le palier puis de nouveau les marches en vieux bois.
Deuxième palier, un courant d’air vint balayer les lieux. Il n’aurait su dire d’où provenait ce mince filet d’air qui lui glaça le front preuve qu’il transpirait à grosses gouttes. Il continua son ascension, sachant que chaque pas le rapprocherait irrémédiablement de son destin aussi surement qu’un papillon de nuit attiré vers la flamme d’une bougie. Mais Johnny Dupond ne se brulerait pas, il ne pouvait en être autrement.
Dernier palier, deux portes. Il se pencha et plaqua son oreille contre la lourde porte. Pas un son ne s’échappait. Il s’approcha de la seconde porte. Il n’eut pas besoin d’avancer plus près pour entendre la même voix que précédemment dans la rue devant le bureau de poste.
Il attendit encore une fois que la conversation cesse, visualisant la scène sur le point de se jouer.
La voix se tut, il frappa deux coups secs contre le dernier obstacle qui le séparait de la fille.
«Encore toi, Soumaré ? Tu n’as rien oublié pourtant ! »
Le bruit du verrou résonna éclipsant par la même tous les sons de l’immeuble que Johnny n’avait cessé d’entendre jusque là.
La porte s’ouvrit sur les deux grands yeux verts surpris. La jeune femme qui était à présent juste en soutien gorge noir lâcha un petit cri de surprise.
-Vous ?
Johnny Dupond se redressa afin de prendre de la constance, puis il balbutia un petit, un pathétique :
-Je t’aime.
Il aurait voulu que tout se passe comme dans un film, il aurait rêvé que la jeune femme au regard hypnotique le prenne dans ses bras, le fasse entrer, soulage son membre battant aussi vite que son cœur.
Au lieu de ça, la garce à qui il venait d’ouvrir son cœur, chose dont il n’était pas coutumier se mit à rire. Un rire sonore et vulgaire. Elle rit comme possédée, prise de convulsion face à ce petit inconnu pervers et laid, transpirant qui osait frapper à sa porte. Coucher avec lui contre rémunération ne lui aurait pas posé de problèmes, c’était son métier après tout, mais là ! Parler d’amour dans ces conditions, dans ce lieu, juste après toutes les saloperies qu’elle venait de faire avec Soumaré, son petit monsieur d’ébène comme elle aimait à l’appeler, c’était vraiment trop pour ses nerfs.
Ce fut comme un coup de canon ! Une décharge d’adrénaline embrasa le système nerveux entier de Johnny qui dans un mouvement brusque rapide et précis, fracassa la tête de la jeune femme contre le chambranle de la porte. Elle s’étala par terre sans connaissance et avec la froideur d’un démon, il enjamba le corps de la pauvresse, pénétra dans l’appartement au relent de sueur et de foutre, puis tira la masse inerte gisant à ses pieds à l’intérieur avant de fermer doucement la porte.
La nuit avait recouvert les toits de la capitale depuis quelques heures déjà quand le petit homme sans allures sortit de l’immeuble. Son imperméable entièrement boutonné, Il marcha d’un pas léger, agréablement revigoré par la légère brise fraiche. L’air était pourtant saturé de senteurs de cuisines turques qui traversaient la rue de part en part. Les gros tas de viandes tournaient lentement, l’huile pour les frites crépitait dans tous les petits restaurants construits sur le même modèle, mais une fois encore il ne faisait déjà plus parti de ce paysage. Il était de nouveau étranger. Il prit le métro sans vraiment s’en rendre compte et arriva chez lui devant son petit immeuble de la rue de l’Atlas. D’une main distraite il composa le code, et s’avança dans le couloir sombre.
Madame Denis, la vieille voisine du quatrième lui retint la porte de l’ascenseur, et pour la première fois il la remercia en….souriant…
Il chercha ensuite la clé dans sa poche, enfonça le petit bout de métal dans la serrure qui céda sans effort. Il avait encore la vision de tout ce qui c’était passé dans l’après midi. L’odeur de la fille lui collait à la peau. En parcourant le petit couloir qui le menait jusqu’à sa chambre à coucher il se sentait heureux, même s’il savait que ce sentiment ne tarderait pas à s’évanouir comme le vague souvenir d’un rêve qu’on arrive pas vraiment à saisir le matin au réveil.
Heureusement le souvenir quant à lui serait éternel, comme pour toutes les autres.
Il ouvrit la porte du placard ou des tas de boites et pots en verres étaient méticuleusement alignés sur deux étagères. Il n’éprouva qu’un seul regret en rangeant le nouveau bocal parmi sa collection : les yeux verts avaient perdus de leur éclat à cause du formol.
mardi 22 janvier 2008
Une longue absence...
Bon, ok, j'ai quand même mis huit mois à revenir, mais me revoilà!
3 nouvelles en préparation qui seront mises en ligne prochainement si j'arrive à me sortir les doigts du........nez (évidement!):
-Les nouvelles aventures de Loïc (l'Aine) et Clark (Cunt):
les débuts incroyables d'un nouveau super héros. (Seuls les anglophones gouteront la totale subtilité du titre!).
-Un long (mais alors très très long) Dimanche
La journée anniversaire "type" d'un petit trentenaire.
-Johnny Dupond
Le titre parle de lui même.
jeudi 17 mai 2007
Tentative de chanson: Premier baiser
Premier Baiser Putain 15 ans et toujours rien Suis tellement désespéré que je me taperai même un boudin, bon ok, j'ai de l'acné, et c'est pt'être vrai que je suis pas très malin, En tout cas c'est décidé c'est ce que je me dis tous les matins, car Je voudrai bien mon premier baiser, comme ils font au ciné, J'aimerai roulé un grosse pelle A une jolie demoiselle Un gros patin, ça c'est certain, voir même un peu plus, suis un homo sapiens erectus J'en ai marre de ma main, je voudrais touché des seins, carte de France sur les draps, a cause de Vanessa, Clara et Pamela en plus maintenant je fume des vrais cigarettes, J'ai moi aussi le droit a ma starlette, un paquet de clope, pour une petite sal... puisque je voudrai bien mon premier baiser, comme ils font au ciné, J'aimerai roulé un grosse pelle A une jolie demoiselle Un gros patin, ça c'est certain, voir même un peu plus, suis un homo sapiens erectus Ça y'est, c'est presque accomplie, J'ai séduit Aurélie, car je ne l'ai pas fait, avec cette salope de Daphné, C'est vrai qu'elle est petite grasse et pleine de cellulite, et avec sa tendance acnéique, ça risque de ne pas être très pratique, mais je voudrai bien mon premier baiser, comme ils font au ciné, J'aimerai roulé un grosse pelle A une jolie demoiselle Un gros patin, ça c'est certain, voir même un peu plus, suis un homo sapiens erectus C'est le moment, plus le temps a l'apitoiement, je connais par coeur le principe j'ai réviser la théorie, à moi la pratique Les lèvres se rapproche faut pas se désister, dans sa bouche ma langue je vais la tourner palpitation, excitation, friction, déception, malédiction, Je voudrai bien mon premier baiser, comme ils font au ciné, J'aimerai roulé un grosse pelle A une jolie demoiselle Un gros patin, ça c'est certain, voir même un peu plus, suis un homo sapiens erectus je suis au bord de l'écoeurement, Elle mâchait un malabar bigout évidement, arrière goût dans ma bouche, plus du tout envie qu'elle me touche, c'est pas du tout le ciné et ses starlettes, c'est plus un spectacle de marionnettes, ainsi font font font, trois petits tours et puis s'en vont, mais je voulais bien mon premier baiser, comme ils font au ciné, J'voulais roulé un grosse pelle A une jolie demoiselle Un gros patin, ça c'est certain, voir même un peu plus, suis un homo sapiens erectus |
lundi 30 avril 2007
Va y’avoir du sport !
C’est la troisième personne cette semaine qui me fait remarquer que j’ai grossi.
Comme si le fait de perdre mes cheveux ne suffisait pas !
Je me connecte donc toute la soirée sur internet. Je me cherche une salle de sport, mais ça ne me parle pas vraiment… Je n’y connais rien à rien, la dernière fois que j’ai pratiqué une activité physique remonte à la terminal ou je faisais de l’escalade ! Finalement je fais un scan mental de toutes les personnes que je connaisse qui soient mentalement déficiente, mais avec un physique de « Ken » (vous savez, le fiancé de Barbie. Celui qu’elle a plaqué y’a pas si longtemps que ça lors d’un coup de promo orchestré subtilement et de main de maître par MATTEL !). Finalement, un nom se met à clignoté en lettre rouge, et je sais à qui m’adresser : Greg ! (vous suivez ? Le barman avec qui je bosse.).
Au Bar le lendemain, je suis aussi dynamique que d’habitude, mais comme chaque Lundi, la semaine redémarre calmement. Il n’y a pas beaucoup de clients, à peine trois menthes à l'eau, deux café (et verres d’eau, evidement !) et un coca. J’en profite pour aller parler à Greg, et je lui expose mon problème. Enfin, je lui explique que j’ai décidé de me mettre au sport, et que je n’y connais rien. Il me dit qu’il va dans une petite salle de sport, et qu’il a justement une invitation pour la personne de son choix. Il me propose de me filer son invitation, et je le trouve sympa. Il me la donne à condition que je le remplace le lendemain matin, et je le trouve nettement moins sympa.
Mais comme ça au moins, je pourrais voir à quoi ressemble l’ambiance dans une salle de sport. On convient d’y aller le soir même. Le service finit, je passe rapidement chez moi, retourne l’appart pour tenter de retrouver un jogging… Putain ! Ou est-ce que j’ai bien pu foutre de ce survêt ? J’ai dû m’en servir une fois il y’a 2 ans… Ca y’est je l’ai ! Il servait de serpillère dans le placard sous l’évier ! Il est posé sous le pull Batman que ma tata Aglaé m’a offert pour mes 35 ans et qui me sert à faire les vitres. Dessous je retrouve également l’horrible service d’assiettes à l’effigie de Lady Dy que ma Mère m’a ramené de Londres il y’a un petit bout de temps ! Ca me donne des frissons, Comment peut elle avoir si mauvais gouts ?
Je me rends donc à la salle de sport, fumant une chtite clope sur le chemin, puis m’en grille deux autres en attendant Greg. Ce dernier arrive, frais comme une petite fleur de printemps au mois de Mai. Il me jette un regard amusé et me dit : « Allons-y ». On descend dans les vestiaires, il y’a peu de monde. J’enfile mon bas de jogging, j’ai déjà mon t-shirt XXL sans formes sur moi. Greg, lui est en tenue. Short ultra court, et débardeur moulant. Nous pénétrons la salle remplie de différents appareils, qui m’évoquent plus des scènes de tortures du moyen âge que de la salle de sport high-tech qui justifie son prix exorbitant par tout cet arsenal archaïque. La populace qui hante ce lieu étrange est très diversifiée, il y’a de vieux bedonnants rougeaux et dégarnis (non je ne suis pas comme ça… Pas encore du moins… Passons…), des vieilles harpies décolorées en survêtement synthétique fuchsia ou rose qui tentent de garder la forme, des filles moulées dans du spandex, les cheveux attachés en queue de cheval haute. Elles sont probablement secrétaires, adeptes du taïchi, du fitness, des régimes hypo-caloriques et des UV. A croire qu’elles ont un magazine « Elle » en guise de cerveau. Pour agrémenté le tableau, un groupe de monsieurs muscles parlent entre eux et plaisantent avec les poules sous emballage qui se pâment comme remplie d’extase en entendant (en comprenant ?) les blagues de ces pseudos « bogosses ».
-Pff… Pathétique. Greg ! Non mais regarde-moi tous ces pseudos superman ! Tout à fait le genre à ne pas avoir de cerveau sous leurs couches de muscle !
-Tu trouves vraiment ? Moi je les trouve sympa !
Et sur ce, il me laisse pour aller saluer les musclés qu’il à l’air de connaître plutôt bien. Ils échangent quelques mots et tous se tournent vers moi. Je m’approche ; Trébuche sur un tapis. Le rouge me monte aux oreilles. Ils me serrent (me broient) la main, un sourire entendu sur les lèvres. Bon, je sens que la séquence salle de sport va être longue. J’ai envie d’une clope.
-Par quoi on commence ?
- 25 minutes de cardio. Comme je n’ai pas la moindre idée de ce qu’est « la cardio », je le suis sans rien dire. Il se met sur un tapis de course, et il me montre le vélo à côté. C’est parti. Le début se passe plutôt bien, je suis heureux de voir que je tiens le coup facilement, je me sens fort ! J’ai peut-être une prédisposition innée pour le sport. Greg court à côté de moi, il se tourne vers moi et me demande si ça va. J’acquiesce en souriant. Soudain, Mon regard est attiré par un petit cadran sur le vélo… Et là, c’est le drame ! Je me rends compte que ça ne fait que trois minute et vingt sept secondes que je pédale, et je sens un point de côté qui me poignarde. La douleur me coupe le souffle. Je tente de garder bonne figure, mai ça va être dur. Greg se tourne à nouveau vers moi en souriant :
-Ca va sinon ? Quoi de neuf ?
-han…han… Oui, ça va ! Et toi ? Il continue à courir comme si de rien n’était, au même rythme… -Ben moi j’ai rencontré une fille…
-Comme c’est étonnant !
-Pardon ? Tu disais quelque chose ?
-Non, non, pas du tout continue.
-Oui, donc j’ai rencontré une fille vraiment sublime hier en allant bruncher… Tu la verrais, elle est brune, et vraiment bien gaulé… On a fini chez elle rapidement, car elle semblait frustrée, et là, waouh, c’était l’extase totale ! Je te le dit, je n’ai jamais vu de fille aussi cochonne! Avec elle je sens que je ne vais pas m’ennuyer, si tu vois ce que je veux dire ! Il conclue par un clin d’œil, au cas où je n’aurai pas compris le sous entendu salace ! Je boue de rage sur mon vélo ! Je pédale carrément à fond, au bord de l’apoplexie. Pourquoi est-ce que les gars comme lui ont toujours besoin d’exhiber leur tableau de chasse ? C’est d’un vulgaire tout ça ! Est-ce que moi je me vante toutes les 5 minutes ? (Bon d’accord, je n’ai pas de quoi me vanter, il est là mon problème…)
Je lève mes yeux et vois dans la glace un spectacle désolant: je ruissèle à grosse gouttes, rouges écrevisse, soufflant comme un bœuf ! Je suis encore plus pathétique qu’un petit vieux constipé sur son trône. Et le pire c’est que Greg, à côté de moi tel un sauveteur d’alerte à Malibu, n’a pas encore un centilitre de sueur sur le visage. C’est à ce moment que mes yeux retombent sur le cadran pour voir que ça fait 12 minutes que je pédale comme un con. Trop c’est trop, je stoppe net ! Je descends du vélo, et m’écroule sur le sol. Je me relève aussi vite que possible prétextant à Greg que je dois aller aux toilettes. Je le laisse s’admirer dans le miroir en face de lui et continuer sa course. Je pars marcher et tente de récupérer mon souffle à grande peine. Je tombe sur une conversation passionnante entre deux jeunes filles (à faire avec l’accent) :
-Non, mais sans rire, tu es trop bien foutue ma chérie ! Je t’assure ! Damien, ne peut que craquer pour toi !
-Oui, mais tu sais j’ai l’impression que Judith est complètement plus son genre, tu vois !
-Ben oui, mais si tu t’occupais plus de tes cheveux ! Moi Paolo il adore les miens, l’autre soir au tel….
J’ai l’impression que la vie est une question de choix… soit on est beau et bien foutu, soit on est doté d'un minimum de capacités intellectuelles. Les deux en même temps sont incompatibles.
Je trouve enfin les toilettes, me précipite sur le robinet, et bois. Beaucoup. Beaucoup trop. Je commence à avoir mal au ventre.
Et dire que ce n’est que le début. Finalement je rejoins mon bourreau qui quitte son tapis de course à peine essoufflé. Passons rapidement sur la suite. Chaque appareil est une torture et une humiliation nouvelle ! Je découvre des muscles à des endroits ou je ne pensais même pas que ça existait. Quand je peine avec des poids de 10 kg, Greg et ses singes de copains y vont tranquille avec des poids de plus de 80kg. J’ai l’air ridicule en prenant la pause sur les machines ! Pour eux, chaque exercice est un prétexte pour faire bander leurs muscles sous l’effort et dégager des millions de phéromones en faisant l’admiration de toute l’assemblée féminine ! (et de quelques mecs pas vraiment hétéros, j’en suis sure !).
La séance s’achève par des abdos… Beaucoup d’abdos… Je suis nul en abdos…
Quand je me redresse pour prendre enfin une douche, Greg m’annonce qu’il faut terminer par encore 20 minutes de cardio. Je suis tremblant, transpirant et énervé ; aussi je lui annonce que ça suffit pour moi. Il me dit qu’il me rejoint dans les vestiaires d’ici 20 minutes…
Il n’y a personne en bas. Je me fous donc à poil tout à mon aise. Je me voie nu dans la glace et j’hallucine grave : il me semble voir déjà émerger des muscles ! Je vois presque mes abdos se dessiner. Mieux encore, j’ai des abdos ! Ils sont là, cachés par une fine couche de graisse! Un mec sort des douches à ce moment là. Il a un bide si énorme que sa serviette a du mal à encercler sa taille. Je le regarde plein de compassion (de pitié) un sourire en coin, et file prendre une douche chaude qui est sans mentir l’une des meilleurs choses qu’il m’ait été donné d’expérimenter depuis longtemps ! Bien mieux que les menottes et le SM soft. Je me savonne, me frictionne, et ressors d’une excellente humeur ! J’enfile mon caleçon propre en rejetant un coup d’œil rapide dans la glace ! C’est ce moment que choisi Greg pour sortir à son tour de sa douche. Il est totalement à poil. Je découvre une musculature parfaite, comme dessinée à la règle et à l’équerre ! Tout est angle ! Une implantation de poils Harmonieuse, pas un défaut. Un sexe énorme. Un poil énervant. Je baisse les yeux sur moi pour me rendre compte que j’ai mis le caleçon bleue ciel à père noël en nounours que m’a offert ma petite nièce pour les fêtes. Mon ventre flasque ressort et semble être dessiné au compas et au rapporteur, mes poils poussent de façon disparate…
Je me sens très fatigué. Je m’habille en vitesse, remercie Greg pour cette séance et me précipite dehors ! Je marche rapidement, et je suis énervé ! Alors que je m’allume une cigarette, la sonnerie de la marche funèbre retentie sur mon portable.
-Quoi Maman ?
-Oh, ça va, si c’est pour être désagréable je raccroche !
-C’est vrai ? Tu ferais ça pour moi ?
-Bon, tout cynisme mis à part, je te rappelle que dans moins d’un mois c’est ton anniversaire, et comme il tombe un Dimanche, je me disais que pour une fois tu pourrais peut être le fêter à la maison.
-Tu sais, les fêtes, ce n’est pas mon truc.
-Tut tut tut, en plus j’ai déjà invité tata Aglaé et elle t’a déjà préparé un cadeau.
-Fallait pas !
-oh, sinon, tu sais ce qu’elle m’a dit la voisine ?
-Maman, je n’ai presque plus de forfait, faut que je te laisse !
-Mais c’est moi qui appelle ! Je raccroche.
Pas d’humeur. Putain, ras le bol de toutes ces conneries, ras le bol des filles, ras le bol du sport, ras le bol de ma vie, ras le bol de passer pour un con à longueur de temps !
mercredi 25 avril 2007
Maman
C'est pour ça que Papa est partie.
J'ai des lunettes à doubles foyers et j'ai mauvaise haleine. Je transpire beaucoup et je me dégarni.
Je n'ai pas d'amis. Mon lapin est mort!
Il paraît que je susi un peu idiot. Je ne travaille pas, mais je fais de jolies coloriages quand maman elle m'oblige.
Depuis que maman ne sort plus de la chambre ou je l'ai enfermée, toute la journée je me masturbe, je me tripote, je me tire sur la tige, je me branle, je jouis, j'éjacule en regardant des vidéos ou des filles transpirent, crient et font des trucs. J'aime beaucoup ça! Jamais ça me lasse!
J'ai mon zizi tout dur et maman ne me dis plus rien maintenant!
Internet je trouve ça chouette! je trouve des blondes, des rousses et des brunettes!
Le problème c'est que je crois j'ai une petite zezette. Mais je suis pas sur, en fait je ne la vois pas! Elle est sous mon gros ventre gras. Mon corps est moche, y'a des poils de ci de là, et de grosses vergetures violacées qui courent, se chevauchent par endroits, se rejoignent comme les cours d'eau d'un fleuve. Le problème c'est qu'elles ne mènent nul part. A part peut être sous mes aisselles, mais là c'est toujours moite. Parfois je me les frottes et je sens mes mains juste après. C'est une odeur que j'aime bien. Je trouve réconfortante les odeurs que j'aime bien. Parfois quand je suis dans mon bain, ben je pête. Ca fait des bulles mais ce n'est pas le savon. J'aime bien l'odeur du prout qui se mélange au savon de marseille. Et puis je me rappelle des filles d'internet, et je recommence, je m'amuse avec mon sexe. J'aimerai pouvoir le voir, mais je n'y arrive pas! Je me l'imagine sortant de son fourreau de chair, et je rêve parfois que des filles le touchent avec la bouche.
J'aime bien jouer avec mon sperme dans mon bain! C'est rigolo, ca flotte, on dirait que c'est l'apesanteur que j'ai vu dans l'espace une fois à la télé alors que maman s'était endormie. Et puis c'est gluant et rigolo! Et quand je ne jouis pas dans l'eau du bain, c'est tout chaud sur les doigts... Parfois je le sens, mais je ne le goute pas car je trouve ça très dégoutant.
Y'a trois jours j'ai eu 38 ans! Je suis content, vraiment! J'ai eu un lapin, mais il était nul! Il était très fragile! Je l'ai fait tomber de la grande table du salon, ben il s'est cassé une patte! J'étais triste, mais c'est bien car les lapins ça ne pousse pas de cris! Et j'aimais beaucoup le voir gigoté quand j'appuyais sur sa jambe tordue! Quand ma Maman elle a vue ça ben elle était pas contente du tout! Elle m'a donné une claque, elle a pris son rouleau à patisserie et elle a tapé sur le lapin! Elle a tapé, tapé, tapé! Moi je pleurais, et je lui disais d'arrêter, mais elle à continuer! Puis après ben le lapin il ressemblait plus à un lapin! On aurait dit la ratatouille de la tante Aglaée! J'ai pataugé dans la ratatouille c'était chaud comme de la soupe de tomate tiède! Et puis j'ai caresser les oreilles du pinpin, et j'ai rigolé! Maman m'a encore mis tout nus, puis elle m'a attaché à mon lit et elle m'a arrosé d'eau froide! J'ai beaucoup crié ce jour là! J'ai hurlé parce que je n'aime pas quand il fait tout noir, et dans ma chambre le soir il fait tout noir!
Mais je me suis arrêter car j'ai entendu les voisins tapé contre le mur!J'ai eu un peu peur!
J'ai appellé maman en demandant pardon, mais elle n'est pas venue! En plus il faisait froid dans la chambre et mes dents claquaient! Je sentais mon zizi devenir tout petit! Comme une petite fraise des bois! Mais j'en suis pas sur car mon zizi je ne le vois pas.
Après maman est revenue, et elle m'a demandé de dire la prière! Alors je me susi mis sur mes genoux, et ça m'a fait froid car le parterre était froid! Et puis je me suis levé, et j'ai senti l'amour du petit Jesus que maman elle m'avait appris! Et puis pour demander pardon pour le lapin, ben j'ai sérré très fort maman dans mes bras! J'ai sérré, sérré, sérré de toute mes forces! Maman en a tremblé de joie! Je l'ai senti même pleurer de joie, puis après elle était fatigué, alors je l'ai mise sur le lit et j'ai fermé la porte à clefs.
Et ca fait trois jours que c'est très bien car je regarde des trucs avec des filles cochonnes sur l'internet, et qu'en plus je mange plein de chocolat et de ravioli en boite que j'ouvre tout seul comme un grand! J'aime bien les raviois en boite, et c'ets très bon quand c froid! En plus la viande dedans, ben c'est trop de la viande de qualité, et moi j'aime beaucoup la qualité de la viande et de la tomate! Et puis je mange les chcocolat fouré à la menthe que ma maman ben elle cachait! En plus c'est trop bien car je ne vais plus dans la chambre! Je la laisse à maman! Moi je reste dans le salon! J'aime bien le salon car y'a la télé! En plus là je peux choisir ce que je veux,n alros je met des chansons avec des filles habillées comme sur internet qui chantent. Qaund c'est maman c'est toujours des questions pour un champions, mais il me fait peur le monsieur qui présente! Il ne repsire pas beaucoup. Il parle vite et je comprend pas ce qu'il dit! Il me donne des indices, mais c'est bizarre, car les indices ben ils m'aident pas. Or une fois j'ai demandé à maman ce que c'était qu'un indice, et elle m'a dit queça aidait les gens.
J'aime bien les murs du salon. Ils sont tapissés de papiers gris à rayure verte comme les soldats militaires! Dessus Maman à accrohé de très jolies assiettes en porcelaines blanches, et dessus y'a quelqu'un qui a peint des fleurs violettes de la montagne!
Y'a aussi sur le mur une belle horloge à aiguilles en plastique qui donne l'heure. Elle fait tic, tic. Ca m'énerve un peu. J'ai voulu gouter le vin de maman. C'était pas bon, ça m'a fait mal au ventre! En plus heureusement que maman est dans la chambre parce que j'en ai renversé sur la nappe. Ca sent mauvais maintenant! Plus mauvais que le dedans de ma bouche je suis sur! Ca sent même plus mauvais que la cantine du centre ou maman elle me met par moment.De toute façon je m'en fiche je n'irai plus au centre!
Je m'ennuie un peu. J'en ai marre de regarder des filles, j'ai envie de toucher!
Maman dort depuis 3 jours, papa ne reviens pas. Je n'ai plus de lapin, et j'en ai marre de toucher mon sexe. En plus ca sent mauvais dans la chambre ou maman dort!
J'ai décidé, je crois que je vais sortir tout seul En plus il fait nuit dehors! Evidement ca me fait un peu peur, mais je suis grand maintenant! Et puis maman si je ne décide pas elle me laissera jamais aller dehorstout seul!
Enplus y'a des lampadaires qui sont allumés donc on voit en pleine nuit comme si il faisait soleil! Je vais m'habiller tout beau pour sortir, avec ma chemise jaune, mon gros pull en laine tricoté par la tante Aglaée! Je met mes beaux chausons rayés, et je vais mettre mon bermuda vert qui à un petit trou dans la poche de gauche! Je vais aussi mettre la casquette Dingo que l'infirmière Judith qui fait les piqures elle m'a donné une fois car je n'avais pas pleurer. Elle est très jolie l'infirmière Judith! En plus elle à de gros nichons, alors quand elle vient ben j'éssaie de ne pas pleurer! Un jour pour me récompenser elle touchera mon zizi avec sa bouche! Mais là je n'ai plus envie d'attendre! Je vais sortir dans la rue et je vais aller toucher des filles! Je triturerai leurs nénés, je sentirais leurs foufounes, et elles toucheront mon zizi! Maman ne me le touchera plus jamais et ce sera bien fait! Aller, je compte jusqu'à trois et je sors pour toujours!
Un...
Deux...
